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Un œil dans le rétro : le Grand Prix de Singapour - [ 11/09/2017 : 12:00 ] 


L’arrivée du grand-prix de Singapour dans le grand cirque de la F1 en 2008, révolutionna l’organisation des week-ends de course. En effet, ce fut la première fois que les monoplaces se produisaient de nuit, sous les plus de 2500 projecteurs entourant la piste, nous offrant un tracé spectaculaire serpentant les rues de la mégalopole asiatique,  au milieu des gratte-ciels surplombant la Marina. Disposant des mêmes conditions extrême de la Malaisie voisine, cette course est aussi l’une des plus longues du calendrier avec pas loin de deux heures d’épreuve pour les pilotes. Ce n’est donc pas par hasard que ce grand-prix soit annoncé comme le plus physique de l’année.

Peu de circuit peuvent se vanter, aujourd’hui, de pousser les pilotes à bout autant que ce circuit de Singapour. La chaleur combinée à la forte humidité, à la fatigue et à l’éblouissement des lumières artificielles ainsi qu'une piste bosselée entre deux murs représentent les principaux facteurs faisant de ce rendez-vous un grand-prix particulier pour les pilotes et les équipes. L’erreur est donc prohibée mais plus facile à commettre que sur n’importe quel autre tracé. Ceci s’est démontré à de très nombreuses reprises puisque chaque saison, la voiture de sécurité apparait, au moins, une fois. En neuf éditions, l’écurie Force India aura tout de même provoqué l’entrée en piste de la Safety Car lors de 6 grand-prix, signe que les monoplaces indiennes ne sont pas toujours à la fête près de leurs terres. Raikkonen, Fisichella, Webber, Ricciardo, Barichello, Kobayashi ou encore Hülkenberg sont autant de pilotes ayant vu leur course s’arrêter bien avant son terme. Une arrivée que M.Schumacher eu bien du mal à atteindre. En trois participations, il fut victime de deux grosses sorties de piste en 2011 et 2012, alors qu’en 2010, le septuple champion du monde chahuta à plusieurs reprises avec les deux Sauber. Pourtant, c’est lors de la première édition qu’une sortie de piste marqua à tout jamais l’histoire du grand-prix de Singapour. Alors que la course était lancée depuis quelques tours, Piquet Jr sorti violement, explosant sa Renault. La sortie de la voiture de sécurité provoqua un réel chambardement dans le classement et dans les stands. Les doubles arrêts s’enchainèrent chez quasiment toutes les écuries mais, chez Ferrari, ces arrêts tournèrent au cauchemar. Massa arracha le tuyau d’essence et traversa la voie des stands avec, l’obligeant à attendre une nouvelle intervention de ses mécaniciens et de repartir en fond de peloton. C’est, sans doute, sur cette erreur que le brésilien lâcha de précieux points pour le titre pilote. En contrepartie, c’est l’autre Renault, celle d’Alonso, qui emporta ce grand-prix. Mais un an plus tard, Renault limogea Piquet Jr au détriment de Grosjean. C’est alors qu’un véritable coup de théâtre éclata au sein du paddock après une révélation choc du brésilien : il lui avait été demandé de volontairement crasher sa voiture pour permettre à Alonso de passer en tête grâce à la voiture de sécurité. Cette affaire, nommée « Crashgate », vit Briatore et Symonds écoper de lourdes sanctions, tout comme l’écurie française qui perdit la quasi-totalité de ses sponsors. D’autres évènements assez inhabituels eurent lieu lors des deux derniers grands-prix avec l’apparition d’un spectateur, sur le circuit, le long des barrières en 2015 ou encore la traversée de piste d’un « lézard géant » selon Verstappen en pleine séance d’essai en 2016.

Tous ces accidents et incidents eurent pour conséquence de resserrer l’étau à chaque reprise, relançant ainsi les courses à chaque relances. Pourtant, à la fin, seuls les champions s’imposent. Alonso, Hamilton, Vettel et N.Rosberg ont tous décroché une victoire dans la nuit de Singapour. De plus, tous ces pilotes, excepté N.Rosberg, franchirent la ligne d’arrivée en première place au volant de deux écuries différentes, telles que Renault, McLaren, Ferrari, Red Bull ou encore Mercedes. En 2010, Alonso l’emporta avec panache devant un Vettel qui ne l’aura pas lâché d’une semelle de tout le grand-prix, un panache de fumée cette fois-ci, que les pilotes traversèrent à l’arrivée après le spectaculaire incendie de la Lotus de Kovalainen. En 2012, Massa nous offrit une manœuvre extrêmement spectaculaire sur son compatriote B.Senna en dépassant le brésilien tout en glisse, à la limite de la perte de contrôle et de l’accident. L’année suivante, Alonso prit un superbe départ en gagnant 4 positions par l’extérieur du premier virage. Une course que réussit tout particulièrement Raikkonen après avoir couru très souffrant du dos mais terminant tout de même à une belle troisième place. Une course terminée en beauté par Alonso qui nous offrit une magnifique image en ramenant à bord de sa monoplace Webber qui avait dû mettre pied à terre dans l’ultime boucle. En 2015, la domination Mercedes fut mise à mal avec manière par Red Bull et Ferrari qui privèrent l’écurie allemande de la pole et de la victoire le lendemain, repoussant même les gris hors du podium.

 Le grand-prix de Singapour est un moment particulier dans le calendrier. La nuit, ajoutée à la durée et aux conditions climatiques, mettent en avant les qualités physiques des pilotes. De plus, le nombre important de virages ne permet pas de relâcher son effort durant les deux heures d’épreuve. L’édition 2010 pourrait bien être la plus mouvementée mais aussi intéressante en raison des multiples incidents relançant la course et la lutte Alonso-Vettel qui dura tout le long de la course, sans pour autant que l’allemand ne trouve l’ouverture. Mais comment oublier les éditions 2009, 2013 ou encore 2016. Quoi qu’il en soit, rendez-vous sur la grille de départ pour le grand-prix de Singapour 2017 !

Le plus beau moment du grand-prix de Singapour : Le « taxi » Alonso ramenant le pauvre Webber aux stands à l’issue de l’édition 2013.

Top 3 des incidents mémorables :

  1. Le fameux « Crashgate » orchestré par Renault en 2008 où Piquet Jr se crasha volontairement pour faire gagner Alonso.
  2. La promenade d’un spectateur sur la piste en plein grand-prix en 2015.
  3. La traversée d’un « lézard géant » durant une séance d’essai que ne manqua pas de voir M.Verstappen !

Résumé de l’édition 2016 du Grand-Prix de Singapour (Marina Bay) : Rosberg, en pole, sait qu’il peut reprendre la tête du championnat à Hamilton mais un certain Ricciardo s’incrusta entre les deux voitures grises sur la grille. Derrière, Verstappen et Raikkonen attendent pour bondir alors que Vettel, en proie à des soucis mécaniques, doit s’élancer dernier. Avant même le départ, Grosjean doit mettre pied à terre en raison d'un problème sur sa Haas. A l’extinction des feux, Verstappen manque totalement son départ alors qu’Alonso s’envole impeccablement. Dans le peloton, Verstappen créé la confusion et provoque indirectement la prise en « sandwich » d’Hulkenberg entre les Toro Rosso. La Force India percute le mur des stands, c’est l’abandon pour l’allemand qui provoque l’entrée en piste de la voiture de sécurité. Quelques tours plus tard, la course est relancée mais un nouvel incident a lieu : un commissaire se trouvait sur la piste alors que les voitures déboulaient à plus de 300km/h, un instant très dangereux. Vettel entame rapidement sa remontée alors que les Mercedes voient apparaitre des problèmes de freins. Ces messages ne passent pas inaperçus et Raikkonen, quatrième, se lance à la poursuite d’Hamilton. Les premiers arrêts aux stands ne changent pas le classement. Hamilton sent peu à peu la pression grandir jusqu’à commettre de multiples blocages de roues, permettant ainsi à Raikkonen de la dépasser avec autorité dans le 34ème tour. Vettel, quand-à lui, remonte sans soucis dans le classement et se retrouve assez vite en 5ème position. Mais à 15 tours du but, la course est relancée : Hamilton, quatrième, s’arrête aux stands et passe à une stratégie agressive obligeant Raikkonen à s’arrêter le tour suivant. L’anglais, avec le potentiel des pneus neufs, prit l’avantage sur le finlandais. Mais la panique gagne les équipes. Ricciardo s’arrête à son tour alors que Rosberg décide de rester sur sa stratégie. La différence de vitesse entre les pneus permet à Ricciardo de remonter dans les échappements de la Mercedes dans l’ultime boucle. Malheureusement pour l’australien, il manqua un tour et c’est finalement Rosberg qui empoche son 22ème succès et reprend la tête du championnat par la même occasion. Hamilton complète le podium devant Raikkonen. Suivent Vettel, Verstappen, Alonso, Perez, Kvyat et Magnussen.



Posté par : Baptiste Douillard