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La F1 s'est-elle enlisée dans une éternelle routine ? - [ 16/04/2018 : 19:55 ] 


Tactique, gestion préservation, graining, undercut... ces mots rappellent à tous la manière dont fonctionne aujourd'hui la formule 1. En effet, si l'on assemble ces termes, il est possible de résumer la façon dont se déroulent les courses. Les pilotes doivent trouver la meilleure tactique pour gérer et préserver leurs pneus afin d'éviter l'apparition du graining. Il est alors indispensable de trouver le meilleur moment pour réaliser un undercut pour gagner une place sur ses adversaires. Ce résumé semble un peu rude au regard des nombreux dépassements depuis le début de saison, pourtant il n'est pas si éloigné de la réalité.

Depuis le rachat de la formule 1 par Liberty Media, Chase Carey tente en vain de trouver des nouvelles solutions pour redonner un second souffle à la discipline. Inutile de les rappeler ici, de nombreux articles ont été rédigés pour les analyser et les critiquer. Certaines de ces solutions ont été validées, d'autres font encore débat et seront probablement remaniées. La plus importante concerne les changements de réglementations pour l'année 2020. Ferrari semble d'ailleurs en désaccord et menace constamment de quitter la formule 1 si son esprit est dénaturé.

Mais de quel esprit et de quelle dénaturation parle Ferrari? Les courses de F1 des années 80, 90 ou des années 2000 sont bien différentes les unes des autres. La modification des moteurs ou encore la présence d'un ou plusieurs manufacturiers constatent bien des nombreuses modifications apportées. La F1 actuelle possède t-elle une identité propre à elle? Se distingue t-elle réellement des autres compétitions mécaniques? Chacun peut apporter son point de vue à la question, ses critères, ses objections, ses critiques, ses idées, sa colère. La Formule 1 peut rendre un spectateur passionné pour des multiples raisons. D'autres peuvent n'y voir qu'une compétition supplémentaire parmi tant d'autres. Toutefois, en y regardant de plus près, la F1 présente un spectacle tout à fait singulier. Même si les fans les plus endurcis peuvent être en désaccord avec ce qui suit, l'analyse suivante reflète les compétitions de ces dernières années. La saison 2018 en est même un parfait exemple.

Première course de la saison, le circuit de Melbourne. Lewis Hamilton a signé la première pôle position du championnat et semble intouchable grâce au "Party mode". La course est lancée et Sébastien Vettel ne peut se rapprocher suffisament du pilote Anglais pour tenter un dépassement. La safety car virtuelle ayant été déployée à l'aide des Haas, Vettel peut réaliser un arrêt aux stands efficace, ce qui lui permet de passer devant Hamilton et de remporter la course.

La seconde course s'est déroulée sur le circuit de Barhein. Sebastien Vettel part cette fois-ci en pôle. La course se déroule à merveille pour le pilote Allemand, mais la menace Valtteri Bottas se profile. Ferrari décide alors de faire un undercut, profitant des pneus usés de la Mercedes. Finalement, le gain de temps obtenu par la firme italienne permettra à Sebastien Vettel de résister dans les derniers tours pour obtenir une seconde victoire.

La troisième course en Chine n'a pas été réellement différente. Malgré une domination des Ferrari lors des qualifications, la course en a été tout autre. Sébastien Vettel et Kimi Raïkkönen se sont arrêtés trop tard et les Red Bull ont profité d'une voiture de sécurité pour effectuer un second arrêt aux stands. Chaussés de pneus neufs, les pilotes ont pu attaquer les tours façon qualifications. Cette tactique a facilité grandement la victoire de Daniel Ricciardo qui ne pouvait espérer mieux.

La saison 2017 n'était pas si différente dans les méthodes employées. Le mot "undercut" était d'ailleurs très souvent mentionné au détriment du mot "dépassement". Certes la saison 2018 est plus mouvementée en raison du milieu de peloton qui s'est fortement resserré. Les dépassements y sont plus récurrents, mais il en est différement en tête du classement. La formule 1 s'est donc centralisée sur la gestion de course et sur les arrêts aux stands. Ces éléments font-ils donc l'identité même de la discipline? Sont-ils aussi la raison pour laquelle le spectateur garde un goût amer à chaque fin de course? La nostalgie ne dénature t-elle pas les souvenirs que l'on garde de "l'ancien temps"? La F1 n'est peut être pas une discipline réellement différente des autres...

Information rédigée par Edouard GUSTAVE



Posté par : Marie Colrat