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Un œil dans le rétro : le Grand Prix du Royaume-Uni - [ 11/07/2017 : 14:00 ] 


C’est au cœur de la campagne anglaise, sur le fabuleux circuit de Silverstone, que se déroule la manche britannique. Théâtre du tout premier grand-prix du championnat du monde de Formule 1, le grand-prix de Grande-Bretagne s’est également disputé sur 2 autres pistes, Brands Hatch et Aintree avec un total de 17 éditions pour ces 2 circuits. Pourtant, depuis 1987, seul Silverstone accueille le grand manège de la Formule 1. Le tracé anglais évolua au fil du temps notamment en 1991 avec l’ajout de plusieurs chicanes, mais également en 2010 avec l’ajout d’une portion plus rapide et d’un changement de ligne des stands. Avec 33 vainqueurs différents en 50 éditions, ce circuit rapide, à la météo typiquement britannique, est bel et bien un élément du patrimoine de la Formule 1.

En effet, c’est à Silverstone, le 13 Mai 1950, que tout a commencé avec le tout premier grand-prix de Formule 1, remporté par Farina sur son Alfa Roméo. L’année suivante, c’est la Scuderia Ferrari qui accrocha son nom au panthéon de la Formule 1 avec la première pole position et première victoire pour l’écurie italienne. En 2011, pour fêter les 60 ans de ce premier succès, Alonso effectua quelques tours à bord de la voiture victorieuse en 1951. Ceci dût lui donner des ailes puisque l’espagnol remporta le grand-prix sur sa Ferrari au nez et à la barbe des McLaren et Red Bull, pourtant intouchables cette année-là. L’écurie Williams décrocha également, en 1979, sa toute première victoire en Formule 1 avec Regazzoni. Les batailles et dépassements font aussi l’histoire d’un grand-prix et Silverstone n’en a pas manqué. Ainsi, on peut se souvenir du magnifique dépassement pour la victoire de Mansell sur Piquet. Un dépassement réédité au même endroit par Button sur Massa en 2011. Quelques belles passes d’armes émaillèrent cette course anglaise  comme la très spectaculaire confrontation entre Vettel et Alonso en 2014, à quelques centimètres l’un de l’autre et ce, durant quasiment toute la longueur de l’ancienne ligne droite de départ arrivée. Mais l’action qui a marqué les esprits récemment est bel et bien le dépassement de M.Verstappen sur N.Rosberg par l’extérieur à la sortie de Chapel en 2016, le néerlandais profitant de conditions séchantes au volant de sa Red Bull. Mais Silverstone, c’est aussi des virages aux noms tous plus connus les uns que les autres auprès des amateurs de sports mécaniques. Que ce soit l’enchainement Maggots – Becketts – Chapel, Abbey, Copse ou encore Stowe, ces noms de virages célèbres ont fait de ce circuit un tracé de renom auprès des fans. Mais en plus de nous donner un circuit spectaculaire, la Grande-Bretagne nous offre également une météo plus que jamais incertaine et typiquement « british ». En effet, rares sont les éditions où, au moins, une séance n’est pas perturbée par les conditions climatiques, mais tout ceci n’est pas forcément sans nous déplaire, comme peuvent le témoigner les courses où la pluie fût un des acteurs principaux…

Et bien évidement, comment oublier l’édition 2008 courue sur une piste noyée sous des trombes d’eau et où les talents d’équilibristes des pilotes étaient réellement mis en exergue. Des notes artistiques auraient pu être données aux pilotes vu le nombre de figures réalisées lors de la course, remportée par un incroyable Hamilton, prophète en son pays. Dix ans plus tôt, c’est M.Schumacher qui dompta la pluie anglaise en s’imposant au terme d’une course épique. Le départ avait été donné sur le sec mais le ciel s’assombrit rapidement et les conditions devinrent rapidement exécrables. Les McLaren, pourtant largement devant, se virent rapidement rattrapées par le baron rouge mais à 2 tours de l’arrivée, l’allemand se vit imposer une pénalité de 10 secondes.  Dans l’ultime boucle, M.Schumacher se glissa dans la voie des stands et effectua sa pénalité. Hakkinen passa donc le premier sous le drapeau à damier, cependant, l’allemand ayant passé la ligne de chronométrage en tête se vit attribuer la victoire ! En 1975, la pluie perturba grandement l’épreuve, provoquant même l’une des hécatombes les plus impressionnantes de l’histoire, avec pas moins de 13 sorties de pistes en seulement 5 tours ! Mais d’autres éditions se sont vus perturbées par des incidents pour le moins imprévisibles. En 2003, un homme fit irruption sur le circuit en pleine course, essayant même d’arrêter les voitures lancées à plus de 200 km/h. Dix ans plus tard, le manufacturier de pneus italien Pirelli vit ses gommes exploser sans prévenir à tour de rôle sur les monoplaces. Ceci aurait pu être dramatique pour Alonso qui évita de justesse une carcasse de pneu volante. Quelques accidents spectaculaires perturbèrent certains grand-prix comme le carambolage de 1973 avec pas moins de 9 voitures impliquées. Pourtant, le plus connu de tous reste sûrement celui de M.Schumacher en 1999 où l’allemand percuta un mur de pneus de plein fouet suite à une défaillance des freins. Il s’en tira avec une double fracture. Plus de peur que de mal pour Raikkonen en 2014 ou encore Trulli en 2004, tous deux victimes de très violentes sorties de piste. Pour terminer, rappelons-nous des éditions 1994 et 1995. La première fût marquée par le non-respect du drapeau noir par M.Schumacher qui se vit disqualifier du grand-prix suite à un départ volé. L’allemand sera doublement pénalisé puisqu’il sera suspendu pour les 2 grands-prix suivants, une situation plus que profitable pour son rival Hill. Pour l’édition suivante, on reprend les 2 même et on recommence. Cette fois-ci, c’est Hill le fautif. Voulant tenter une manœuvre kamikaze, l’anglais accrocha l’allemand : s’en était fini pour les 2 pilotes qui offrirent par la même occasion la première victoire en carrière d’Herbert sur sa Benetton. 

Le rendez-vous anglais est un immanquable du championnat du monde de Formule 1. Avec une météo toujours délicate à gérer et un magnifique circuit très rapide, les courses sont toujours excitantes et l’action ne manque jamais. La plus belle course à laquelle nous avons assisté sur ce fabuleux circuit pourrait bien être celle de 1998 avec un M.Schumacher dans toute sa splendeur, véritable funambule sur sa monture rouge, suivit de son improbable victoire dans les stands. Bien entendu, on aurait pu penser à d’autres éditions comme celle de 1995, de 2003, de 2008 ou encore de 2011. Quoi qu’il en soit, rendez-vous sur la ligne de départ pour le grand-prix de Silverstone 2017 ! 

Le plus beau moment du grand-prix de Silverstone : L’invraisemblable victoire de M.Schumacher en 1998 dans les stands alors qu’il purgeait sa pénalité de 10 secondes obligatoire.

Top 3 des incidents mémorables :

1) Le scandale des pneus Pirelli qui éclatèrent sans prévenir sur pas moins de 4 monoplaces en 2013.

2) Le fou sur la piste en 2003 voulant arrêter les monoplaces, interrompant la course par la même occasion.

3) L’hécatombe de 1975 et l’interruption de la course suite aux conditions désastreuses s’abattant sur le circuit. 

 

Résumé de l’édition 2016 du Grand-Prix du Royaume-Uni (Silverstone) : Après leur énième contact en Autriche, Mercedes menace d’appliquer des consignes entre ses deux pilotes. Les 2 protagonistes du championnat se retrouvent en première ligne, laissant perplexe Mercedes à l’heure du départ. Cependant, un élément typiquement britannique va changer la donne : la pluie. Le départ est alors donné sous voiture de sécurité, et ce durant 5 tours. D’ailleurs, Hamilton échappa de peu à la correctionnelle en allant presque au contact avec la Safety Car. Dès le redémarrage de la course, Hamilton mène devant Rosberg et M.Verstappen qui se fait une petite frayeur sur un vibreur, tandis que derrière, plus de la moitié du peloton tente un coup de poker en rentrant aux stands chausser les intermédiaires. Choix qui ne s’avéra pas payant lors des premières boucles. Wehrlein est le premier à se faire piéger avec l’aquaplaning, déclenchant la mise en place de la voiture de sécurité virtuelle. Tous les pilotes encore en pneumatiques maxi-pluie s’arrêtent à leurs tours. Les erreurs se multiplient mais le soleil commence à percer les nuages noirs de Silverstone. A la seizième boucle, Vettel repasse par la voie des stands et fait installer des slicks alors qu’à l’autre bout du circuit, un N.Rosberg en grande difficulté voit le jeune M.Verstappen lui faire l’extérieur dans Chapelle ! Un dépassement d’anthologie qui permet au néerlandais de s’adjuger la deuxième place. Rapidement, tous les pilotes changent leurs pneus pour chausser les slicks malgré une piste encore détrempée à certains endroits De nombreuses erreurs sont effectuées par pilote de tout calibre tel que Vettel, Alonso, M.Verstappen, Hamilton, Sainz ou encore Haryanto. La piste séchante permet à N.Rosberg de se rapprocher de M.Verstappen qui lui bloque toutes les portes avant que l’allemand ne finisse par trouver l’ouverture à l’extérieur à Stowe. Mais sa remontée va être perturbée par un souci de boîte de vitesses, l’obligeant à rouler sur le septième rapport quelques instants. Au final, Hamilton remporte pour la troisième fois consécutive son grand-prix national devant N.Rosberg et M.Vertsappen. Cependant, l’allemand se voit infliger une pénalité le rétrogradant au troisième rang après que son équipe lui ait passé des consignes via la radio pour régler le souci de boîte de vitesses. On retrouve ensuite Ricciardo, Raikkonen, Perez, Hulkenberg, Sainz, Vettel et Kvyat pour les points. 



Posté par : Baptiste Douillard