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Un œil dans le rétro : le Grand Prix de Monaco - [ 22/05/2017 : 12:30 ] 


C’est au cœur de la principauté de Monaco que se tient, depuis 1950 (excepté de 1951 à 1954), le grand-prix du même nom. Epreuve phare du championnat, la manche monégasque se démarque aussi en étant le lieu du showbiz, du glamour et du luxe. Situé sur la côte d’Azur, le circuit n’a que peu changé, l’apparition de chicanes servant principalement à ralentir les voitures sur ces routes sinueuses. Placé dans les premières épreuves européennes, le grand-prix de Monaco reste un évènement immanquable pour le petit monde de la Formule 1. Au total, ce sont 33 pilotes différents qui s’y sont imposés, chacun étant d’accord sur le fait qu’une victoire ici à bien plus de saveur que sur n’importe quel autre tracé. Circuit très exiguë où dépasser demande courage et audace, il nous a pourtant offert des courses à suspense où la moindre erreur est très souvent fatale.

Des erreurs, tous les pilotes en au moins fait une. Que ce soit Prost, Senna, M.Schumacher, Alonso, Hamilton ou encore Vettel, les grands champions de ce sport ont tous été taper le rail. Des rails, il n’y en a pas toujours eu à Monaco, ce qui aurait peut-être permis à Ascari d’éviter une spectaculaire cabriole en 1955. En effet, à la sortie du tunnel, l’italien glissa sur une flaque d’huile, effectua un tête à queue et s’envola … dans le port de Monaco ! L’italien s’en sorti indemne. Malheureusement, il se tua quelques jours plus tard à Monza … Mais ce n’est pas le seul pilote à avoir connu cette mésaventure. En 1965, Hawkins effectua la même pirouette, s’en sortant également sans le moindre souci. Le grand-prix de Monaco est connu pour ne pardonner aucun travers, les accidents sont donc très nombreux. Pourtant, l’un des plus impressionnants est aussi l’un des moins connu. En 1950, un carambolage impliquant 9 voitures survint après qu’un virage se vit tout simplement trempé à cause d’une vague. Des incidents, le grand-prix de Monaco n’en a pas manqué. Au départ de l’édition 1980, la Tyrrell de Daly s’envola et emporta avec elle Prost, Jarier et Giacomelli. En 1982, le final le plus rocambolesque de l’histoire vit Patrese s’imposer après 5 changements de leader en moins de 2 tours. Prost, alors en tête, écrasa sa Renault dans les barrières, surpris par la pluie. Patrese s’empara de la tête mais partit en tête à queue. Pironi empocha donc la première place mais tomba en panne d’essence dans le dernier tour. Derrière, Daly et De Cesaris récupérèrent la première place mais tombèrent à leur tour en panne d’essence. Patrese reprit donc la tête et finit par s’adjuger cette victoire mémorable. En 1970, c’est Rindt qui fut l’acteur d’un finish incroyable. Brabham, alors en tête, commit l’irréparable en se crashant dans le dernier virage du dernier tour, offrant donc la victoire à Rindt sur sa Lotus. En 1988, c’est Senna qui fit l’erreur. En tête de plus de 50 secondes, le brésilien tapa le rail, laissant la porte grande ouverte pour Prost. En 2004, le moteur de Sato cassa et provoqua un énorme nuage de fumée, empêchant toute visibilité, ce que remarqua bien trop tard Fisichella : l’italien ne vit pas le ralentissement, percuta Coulthard et posa sa voiture, tête à l’envers, contre les barrières, au virage du bureau de tabac. C’est en ce même virage qu’en 2013 Maldonado, alors dépassé par Bianchi, décolla et arracha les murs de protection. La course fût interrompue le temps de reconstruire ce qui avait été détruit. 

Mais le circuit de Monaco, c’est aussi de célèbres virages et des courses sensationnelles. Sainte Dévote, Casino, épingle du Loews, Mirabeau, le Tunnel, la chicane du port, le bureau de Tabac, la Piscine ou encore la Rascasse sont autant de virages connus par tous les amateurs de sport automobile. Et ce sont ces virages qui font l’histoire de ce grand-prix si spécial. La difficulté de dépasser oblige les pilotes à bien se placer sur la grille pour pouvoir arriver en bonne position. Cependant, certaines éditions nous ont valu de belles remontées. En 1996, une incroyable hécatombe permet à Panis, parti 14ème, de s’imposer. Cette course reste dans les annales comme étant la course avec le plus petit nombre de pilotes ayant passé la ligne d’arrivée avec seulement 3 voitures … En 2006, après avoir provoqué un drapeau jaune pour s’adjuger la pôle, M.Schumacher fût déclassé et contraint de s’élancer depuis la dernière place. Le lendemain, l’allemand effectua une course splendide, remontant de la 22ème à la 5ème place. En 2010, c’est Alonso qui fût piégé durant les essais, détruisant sa Ferrari. Ne pouvant prendre part aux qualifications, il s’élança 24ème mais termina 6ème sur ce qui reste la plus grande remontée à Monaco. Ce circuit est aussi le lieu de plusieurs première fois. C’est ici que Ferrari, Lotus, Jaguar, Stewart ou encore Red Bull décrochèrent leur tout premier podium en Formule 1. C’est aussi ici que fût décrochée la première victoire française, en 1955, par Trintignant, mais aussi la dernière à ce jour par Panis en 1996. En 1993, Senna empocha sa 5ème victoire consécutive à Monaco, la 6ème à son palmarès personnel même si lors de l’édition 1984, le jeune prodige pensait avoir remporté sa première victoire en Formule 1 après avoir dépassé Prost sous une pluie diluvienne. Malheureusement pour lui, la course fût stoppée un tour trop tôt pour le pilote Toleman, qui sera tout de même classé deuxième. Trente ans plus tard, c’est le niçois Bianchi qui réalisa l’exploit de terminer dans les points avec sa modeste Marussia, une performance très remarquée et acclamée par tout le paddock. Terminons avec une petite anecdote qui démontre bien toute la démesure de ce grand-prix. En 2004, l’écurie Jaguar s’associa avec un célèbre joaillier. Ce dernier décida d’incruster des diamants de plusieurs centaines de milliers d’euros dans les museaux des voitures vertes. Cependant, lors du premier tour, Klien tapa le mur à l’épingle du Loews mais en ramenant la voiture au garage, l’écurie britannique remarqua que le diamant avait tout simplement disparu ! Et comme si tout cela n’était pas assez incroyable, il y eu une coïncidence pour le moins stupéfiante. En effet, pour ce grand-prix, Jaguar effectuait la promotion d’un film où l’intrigue tournait tout justement autour d’un cambriolage d’une très grosse valeur! 

La manche monégasque est toujours très attendue par le paddock entier, où les courses nous apportent souvent de grosses surprises ainsi que des luttes à suspense. Le plus beau grand-prix s’étant déroulé sur les terres de la principauté pourrait bien être celui de 2004. La course fût une succession d’évènements, d’accidents, de surprises. Après quelques tours, Sato vit son moteur Honda exploser et dégager un épais nuage blanc. Ne voyant rien derrière, Fisichella heurta Coulthard et partit en tonneau. Plus tard dans la course, Alonso fût poussé à la faute dans le tunnel par R.Schumacher, à qui il ne manqua pas de montrer son mécontentement. Durant une période de Safety Car, M.Schumacher va connaître une mésaventure avec l’autre Williams BMW, celle de Montoya, pourtant à un tour. L’Allemand tapa également dans le tunnel et ramena sa voiture aux stands, roue arrachée. Après tous ces rebondissements, c’est finalement Trulli qui s’imposa pour son unique victoire en Formule 1. Bien entendu, on aurait pu se remémorer les éditions 1982, 1984, 1996, 1997 ou encore 2008. Quoi qu’il en soit, rendez-vous sur la ligne de départ pour le grand-prix de Monaco 2017 !

Le plus beau moment du grand-prix de Monaco : La victoire inespérée du clan Ligier et de Panis après l’hécatombe de 1996.

Top 3 des incidents mémorables :

1) La chute dans le port d’Ascari en 1955, après un contact avec des bottes pailles suite à une glissade sur piste glissante !

2) L’arrivée catastrophe de 1982 avec de nombreux changements de leaders en 2 tours seulement.

3) L’improbable perte du diamant sur la Jaguar de Klien (2004).

Résumé de l’édition 2016 du Grand-Prix de Monaco (Monte-Carlo) : Une Red Bull en pôle, une Red Bull dernière, les taureaux rouges n’étaient qu’à moitié satisfaits, surtout après l’incroyable victoire obtenue 15 jours auparavant. Pourtant, ce n’est pas la première pôle de Ricciardo qui sera l’inattendue de ce début de course, c’est bel et bien la pluie. La Safety Car donne donc le départ sur une piste trempée. Dès que la voiture de sécurité rentre aux stands, la course est de suite neutralisée par la « Virtual Safety Car ». En effet, Palmer perdit le contrôle de sa Renault sur les lignes blanches de la grille de départ. Monoplace détruite, l’anglais s’en sort indemne. A la relance, Hamilton 3ème met la pression sur son équipier alors que Ricciardo creuse rapidement l’écart sur les flèches d’argent. Au 16ème tour, Rosberg se voit contraint de laisser passer son équipier, plus rapide. Derrière, Raikkonen tape à l’épingle du Loews, arrachant son aileron avant qui passe sous sa monoplace. En même temps, le finlandais bloque involontairement Grosjean, incapable de tourner correctement sans son museau complet. Le pilote Ferrari abandonnera sa monture à la chicane du port. La pluie cessant et le soleil débarquant, les stratégies se mirent en place. Ricciardo délaissa donc ses « maxi pluies » pour des « intermédiaires » alors qu’Hamilton poursuit sa route. L’australien ne tarda pas à revenir sur le britannique, lui mettant rapidement la pression. Au 31ème tour, Hamilton s’arrête et chausse les pneus « ultra tendres ». Derrière, tout le monde se précipite également, c’est la cohue dans les stands. Deux tours plus tard, c’est Ricciardo qui rentre aux stands pour passer les slicks mais surprise, aucun pneu ni mécanicien n’est prêt à l’accueillir ! C’est la stupéfaction dans le clan Red Bull. A la sortie des stands, Ricciardo sort pour autant presque côte à côte d’Hamilton mais ce dernier va s’emparer de la tête de la course. Mais l’australien ne lâche rien et tente même une manœuvre spectaculaire à la chicane du port, sans succès. Quelques tours plus tard, c’est l’autre Red Bull qui fait le spectacle. Parti dernier après un accident en qualif, Verstappen éclata sa voiture dans Massenet. La Safety Car Virtuelle est à nouveau déployée. Devant, Ricciardo tente à nouveau de dépasser Hamilton, en vain. Au fond du peloton, les Sauber nous offrent une triste scène en s’accrochant dans la Rascasse. C’est la fin de la course pour les monoplaces suisses. Mais alors que la fin de la course approche, qu’Hamilton gère Ricciardo, que Perez gère Vettel, la pluie refait son apparition. Mais rien ne changera. Hamilton l’emporte donc devant un Ricciardo qui pour la première fois ne s’affiche pas avec son fameux sourire. En 3ème place, Perez s’offre un magnifique podium monégasque devant Vettel, l’incroyable Alonso, Hulkenberg qui s’offre cette 6ème place sur la ligne devant Rosberg, Sainz, Button et Massa.



Posté par : Baptiste Douillard