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Un œil dans le rétro : le Grand Prix de Melbourne - [ 20/03/2017 : 11:30 ] 


Couru auparavant dans les rues d’Adélaïde, le Grand Prix d’Australie s’est déplacé en 1996 à Melbourne. Le circuit australien a connu 12 vainqueurs différents, très souvent premier vainqueur de la saison compte tenu de son rang d’ouverture du championnat. Tracé au cœur de la ville autour du lac de l’Albert Park, d’où son nom, ce circuit urbain a pourtant de grands airs de circuit permanent avec ses bacs à graviers, ses échappatoires et ses étendues d’herbe, même si la signalisation au sol prouve le contraire.

D’ailleurs, les bacs à graviers de Melbourne sont principalement reconnus pour leurs couleurs rouges, bleus, jaunes, oranges ou encore verts mais aussi pour leur faculté à retourner les voitures comme M.Schumacher en 2001 lors des essais ou plus récemment, Alonso en 2016. D’ailleurs, le circuit de Melbourne est aussi réputé pour détruire les monoplaces. En effet, le nombre d’abandons est parfois assez important, que ce soit pour raison mécanique ou suite à un accident, des accidents qui ont été nombreux et parfois assez violents. En effet, quel amateur de F1 n’a jamais vu l’image de la Williams de R.Schumacher s’envoler sur la Ferrari de Barichello en 2002 ? Et le carambolage monstre provoqué au même instant ? Et comment ne pas se souvenir de celui d’Alonso en 2016 où l’espagnol effectua une pirouette après être entré en contact avec Gutierrez. Melbourne a fait décoller beaucoup de voitures. Outre Alonso et R.Schumacher, on peut se souvenir de Brundle en 1996 qui découpa sa Jordan en 2, de Glock en 2008 sur sa Toyota ou encore J.Villeneuve en 2001 qui décolla sur la Williams du malheureux R.Schumacher, emportant par la même occasion la vie d’un pauvre commissaire de piste situé en bord de circuit… Au niveau accident Melbourne nous a servi, et les départs en ont souvent été la cause. Mais bien sûr, Melbourne ne se résume pas qu’aux accidents, les problèmes mécaniques ont aussi beaucoup joué dans les résultats. Que ce soit des bris de moteur, de suspensions, de freins, d’ailerons (les Sauber de 2010 avec le « strike » de Kobayashi pour ceux qui ne verraient pas l’allusion), ou encore de boîtes de vitesses, les monoplaces sont soumises à rude épreuve en terre australienne. 

Mais même si les incidents font l’histoire d’un grand prix, les performances l’écrivent aussi. La place de première course du calendrier occupée 19 fois en 21 éditions permet l’apparition de coups d’éclat, éphémères ou non. En 1996, un débutant, J.Villeneuve, s’offre sa première pole pour son premier grand prix en F1. Le lendemain, alors que la victoire lui tendait les bras, il dut ralentir et se contenter d’une seconde place au profit de son équipier D. Hill suite à un souci moteur. En 2002, après de nombreux évènements, le jeune Webber s’offrit ses premiers points avec une très belle 5ème place au volant de sa modeste Minardi. Il monta même avec Paul Stoddart, directeur de l’écurie Minardi, sur le podium de son GP national devant une foule acquise à sa cause. Il n’y remettra plus jamais les pieds, le seul australien à le faire étant Ricciardo en 2014 avant que sa 2ème place ne lui soit retirée. En 2007, Kimi Räikkönen s’offre même son premier « hat-trick » pour sa première course chez Ferrari. Cette même année, Hamilton s’offrit son premier podium en F1, tout comme Petrov en 2011 ou Magnussen en 2014. Et bien entendu, comment peut-on passer devant la sensation Brawn GP en 2009. Cette écurie préparée à la dernière minute suite au rachat tardif de Honda va créer la surprise en installant ses 2 voitures en 1ère ligne puis en s’offrant le doublé pour leur toute première course. Pourtant, 3 ans plus tôt, le victorieux Button n’avait pas connu la même fin de grand prix. Alors parti de la pole sur sa Honda, il fut pour autant dépasser par plusieurs concurrents lors de la course avant même de voir son moteur explosé dans le dernier virage du dernier tour. Mais au lieu de terminer en roue libre, qui plus est, dans les points, son équipe lui ordonna de ne pas franchir la ligne afin d’éviter une pénalité au grand prix suivant…

Le Grand Prix de Melbourne est toujours un grand prix intéressant où l’on découvre les forces en présence et où de petites performances peuvent se faire remarquer. Le plus beau Grand Prix de Melbourne pourrait bien être celui de 2002 où après un départ très animé poussant 8 voitures au tapis, les évènements tels que des erreurs de pilotage ou des casses mécaniques ne cessèrent de changer le classement. M.Schumacher (Ferrari), J-P.Montoya (Williams) et Räikkönen (McLaren) composaient ce podium. Derrière, le fantastique Webber s’offrait une 5ème place bien méritée, son coéquipier, le malaysien A.Yoong s’offrant la 7ème place, malheureusement hors des points. Bien sûr, nous aurions très bien pu désigner le grand prix de 1996, de 2006, de 2010 ou encore de 2016. Quoi qu’il en soit, rendez-vous sur la ligne de départ pour le Grand Prix de Melbourne 2017 !

Le plus beau moment du Grand Prix de Melbourne : La joie de M.Webber sur le podium en 2002 alors qu’il ne finit que 5ème, podium sur lequel il ne remontera jamais, ici, à Melbourne.

Top 3 des incidents mémorables :

1) Le départ très mouvementé en 2002 avec le décollage de la Williams sur la Ferrari et le carambolage qui s’en suivit.

2) L’accident et l’envol terrible de F.Alonso sur la Haas de Gutierrez en 2016. L’espagnol s’en sort avec quelques côtes brisées.

3) L’envol de Brundle lors du premier tour en 1996, qui verra sa Jordan coupée en 2. Sorti de cet incident sans blessures, il reprendra le départ de la seconde course à bord du mulet mais finira par abandonner au même endroit après seulement 2 tours. 

Résumé de l’édition 2016 du Grand Prix d’Australie (Melbourne) : C’est sous un soleil radieux que commence cette saison 2016. Une fois de plus, ce sont les Mercedes qui monopolisent la première ligne devant les 2 Ferrari. Mais à l’extinction des feux, les voitures rouges bondissent et prennent le commandement de la course dès le 1er virage, alors qu’Hamilton se fait tasser et touche légèrement son coéquipier. Tout le reste du peloton passe ces premiers tours sans embuches. Au 12ème des 57 tours, Rosberg est le premier à s’arrêter. Imité par Vettel le tour suivant, le pilote Mercedes parvient à recoller immédiatement la Ferrari mais Vettel ne lui laisse aucune chance de le dépasser. Au 16ème tour, Hamilton change à son tour de gommes et ressort des stands avec, à la surprise générale, des pneumatiques medium ! Tout à coup, au tour suivant, alors que l’on pensait qu’il s’agissait d’une simple sortie de piste de Gutierrez, on vit la McLaren d’Alonso complètement disloquée, retournée contre une barrière. Plus de peur que de mal pour l’espagnol qui, après un violent contact avec la Haas, un autre gros contact avec le mur, un tonneau en l’air sur plusieurs mètres et une dernière cabriole, s’en sort avec quelques côtes cassées. Le drapeau rouge est immédiatement déployé. La course reprendra au 20ème tour avec des pneus neufs pour tous les pilotes. Soudain, 3 tours après seulement, Räikkönen regagne les stands, avec des flammes sortant de la prise d’air au-dessus de sa tête. En tête de la course, Vettel tente de creuser l’écart mais la stratégie des pneus super-tendres face aux pneus medium de Rosberg ne fonctionne pas. Au 35ème tour, Vettel plonge aux stands et chausse des tendres laissant le commandement de la course à son compatriote chez Mercedes. Pendant ce temps, Massa se bat avec Ricciardo alors que Grosjean défend sur Hulkenberg, Bottas ainsi que les Toro Rosso. Des Toro Rosso qui vont même aller au contact, sans conséquences pour la fin de la course. A 2 tours du but, Vettel, alors remonté sur Hamilton, bloque ses roues et tire tout droit. Le classement de la course reste alors figé. Rosberg l’emporte donc devant Hamilton et Vettel. Ricciardo termine au pied de son podium national devant Massa, l’incroyable Grosjean pour la première course de l’écurie américaine Haas, Hulkenberg, Bottas, Sainz et Verstappen.



Posté par : Baptiste Douillard